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Restructurer mon officine : pourquoi ?


Au cours de son existence, une officine peut évoluer aux plans financier, fiscal et légal. Diverses raisons (économiques, financières, patrimoniales, professionnelles) peuvent motiver des opérations de restructuration financière (augmentation des capitaux propres, ré-étalement de la dette principale...) et/ou juridique (changement de forme d'exploitation, changement de régime fiscal...).


Ces restructurations peuvent avoir plusieurs finalités :

  • consolider la structure financière de l'entreprise
  • optimiser sa fiscalité
  • prévenir ou résoudre des difficultés structurelles de trésorerie
  • préparer la transmission de l'officine
  • dégager des nouvelles ressources pour donner un nouvel élan à sa carrière, en saisissant des opportunités professionnelles : un regroupement avec un confrère, un transfert, le rachat de la clientèle d'un voisin, l'achat des murs de l'officine, une prise de participation au capital d'autres officines...
  • investir dans l'outil de travail : réagencement, agrandissement, spécialisations, automatisation du back office...

Prenons quelques exemples...

La restructuration pour difficultés de trésorerie

Dans la grande majorité des cas, les difficultés de trésorerie des pharmaciens viennent de problèmes structurels : fonds acheté trop cher, insuffisance de fonds propres et charge de remboursement des emprunts trop importante par rapport à l'autofinancement dégagé par l'exploitation, prélèvements du titulaire excessifs au regard des possibilités de l'officine, baisse tendancielle du niveau d'activité ou de la marge en raison des baisses de prix sur le médicament remboursable, ou à la suite d'un événement déstabilisant dans sa zone de chalandise (arrivée d'une pharmacie discounter, perte d'un gros prescripteur, déplacement de l'attractivité commerciale, etc.).
Les solutions à mettre en oeuvre seront d'autant plus draconiennes que les difficultés seront grandes (augmenter les capitaux propres, ré-étaler le prêt, s'associer, vendre, déposer le bilan...).

Le remboursement des comptes courantsdes associés de l'officine

Les comptes courants représentent les sommes apportées ainsi que les rémunérations et les dividendes non prélevés par les associés. Ils résultent principalement de la quote-part de bénéfice réalisée chaque année et qui sert au remboursement de l'emprunt. Grâce à son compte courant, un associé devient le banquier de son entreprise. Ce compte constitue donc une dette de la société. Le pharmacien n'est pas obligé d'attendre la cession des parts ou du fonds pour le récupérer. Il peut substituer à son compte courant un emprunt et percevoir ainsi la somme correspondante à des fins d'investissement privé ou professionnel, et ce en cours d'exploitation.
Souvent, après quelques années d'exploitation, la pression fiscale conduit la société à renégocier l'emprunt en y incluant le compte courant de manière, par exemple, à pouvoir rembourser totalement ou partiellement, dans le cadre d'une SEL, l'associé investisseur de ses avances.

L'augmentation de capital

Diverses raisons peuvent motiver les associés à augmenter le capital social de leur société.Il peut s'agir d'une simple volonté de consolider leurs fonds propres mais cela peut être également une occasion d'intégrer un nouvel associé. En effet, une augmentation du capital peut être nécessaire si les associés ont créé leur société avec un capital réduit.

Ces apports financiers extérieurs pourront être affectés à des investissements (travaux ou prises de participations dans des SEL...), au désendettement de l'entreprise ou encore, tout simplement, être conservés en trésorerie pour des projets ultérieurs. Et en cas de recours à un nouvel emprunt bancaire, il faudra, afin d'obtenir les faveurs de la banque, mobiliser un apport...

L'augmentation de capital sert aussi à optimiser la taxation des dividendes. En effet, les dividendes sont exonérés de cotisations sociales à hauteur de 10% du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé. Ainsi, plus le capital social est élevé, plus la quote-part des dividendes exonérée est importante.

La restructuration de l'emprunt d'une SEL

En cas de reprise de parts d'une SEL par l'intermédiaire d'une SPFPL, si l'emprunt existant dans la SEL engendre des mensualités trop lourdes, celles-ci risquent d'empêcher de dégager de la trésorerie pour payer les dividendes qui serviront à rembourser l'emprunt contracté par la SPFPL pour l'achat des parts de SEL.


Restructurer son officine : nos remarques


Dûment expertisés, bilan et compte de résultats conduisent le choix de la restructuration

Le pharmacien dirigeant doit conduire le diagnostic de restructuration financière et les analyses avec ses conseils (expert-comptable, conseiller financier...). Ils le feront à partir des éléments de son bilan et de son compte de résultat.

Le capital, volant d'ajustement de la restructuration

Les opérations portant sur le capital peuvent avantageusement remplacer les mouvements de titres (cessions ou acquisitions) et aboutissent parfois, selon les circonstances, à des solutions juridiques et fiscales simples. Il n'est, dès lors, plus forcément nécessaire de recourir à la SEL ou à la SPFPL.


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