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M'associer : l'investisseur


L'appel à un « investisseur » ou à un « soutien financier » est de plus en plus fréquent lors de la reprise d'une officine. En effet, les conditions exigées par les banques - un apport personnel minimum de l'ordre de 15% à 20%, voire plus selon les cas - et le niveau même des prix de cession, posent la question de la réalisation des projets des jeunes diplômés et des pharmaciens adjoints qui ne disposent pas toujours des moyens suffisants.Aujourd'hui, les solutions de financement, venant en complément du concours de la banque traditionnelle qui porte la majeure partie de la dette de l'acquéreur, sont plurielles.

D'où proviennent ces nouvelles levées de fonds qui dépassent, aujourd'hui, le cadre des associations classiques entre pharmaciens ?


Les pharmaciens « business angels » ou « capital-risqueur »

Bien entendu, l'associé investisseur ne peut être que pharmacien titulaire (si l'on exclut la prise de participation au capital d'un adjoint à hauteur de 10% dans le capital d'une SEL). Dans la mesure où celui-ci n'envisage pas d'exploiter l'officine et d'y engager son diplôme, il ne pourra détenir que moins de 50% du capital et des droits de vote, le ou les pharmaciens exploitants devant posséder la majorité.

Les groupements

Ils cherchent presque tous à mettre en place des dispositifs d'aide à l'installation de jeunes confrères sous leurs bannières pour continuer le développement de leur enseigne. L'offre d'accompagnement - moyennant un certain nombre de conditions imposées par le groupement au futur installé - s'apparente parfois à un véritable « couteau suisse » en termes de services proposés.

Très souvent, le groupement intervient en tant que tiers de confiance ou de garant auprès d'un établissement financier partenaire. Le prêt accordé, souvent sur une durée plus courte que le prêt principal, permet de compléter, parfois jusqu'à doubler l'apport personnel, tout en veillant à ne pas conduire à un endettement exagéré (par la mise en place d'un crédit in fine, d'un prêt avec franchise pendant les premières années...).

A noter que certains répartiteurs proposent des offres analogues à celles des groupements.Le pharmacien acquéreur choisira donc le partenaire de son développement, avec qui il se sent le plus en phase.

Les fonds d'investissement

Ils sont très médiatisés depuis l'entrée de fonds dans le capital de quelques groupements ainsi que dans le circuit de financement des officines, au travers de montages financiers (les obligations convertibles en actions ou OCA) qui posent parfois question par rapport du respect du Code de la Santé Publique, et particulièrement de l'indépendance du pharmacien.
En effet, en cas d'ouverture du capital des officines, les investisseurs pourraient devenir actionnaires de celles-ci, d'où les réserves et craintes suscitées par ce dispositif dans la profession.
En réponse à l'intervention de fonds spéculatifs, plus ou moins agressifs en termes de rentabilité, des groupements ont créé des plateformes de financements collaboratifs dans une optique moins financière et plus éthique, faisant appel plus à des « business angels » qu'à des fonds d'investissement.


Les obligations convertibles en actions (OCA)

Le recours à l'emprunt obligataire permet de mettre en place, en complément d'un financement bancaire classique, un financement par dette subordonnée dite « mezzanine » qui donne lieu à l'émission d'obligations convertibles en actions (OCA). Le véhicule d'investissement souscrit à cet emprunt obligataire et reçoit des titres représentatifs de sa dette qui ont vocation à donner droit au capital de l'émetteur, donc à devenir coactionnaire. En pharmacie, cette conversion n'est pas juridiquement possible, c'est pourquoi, en plus du taux de rémunération de l'emprunt obligataire, le titulaire emprunteur devra payer une prime de non conversion permettant d'augmenter le rendement de l'obligation, lorsqu'il décidera de sortir de son officine ce véhicule d'investissement.

S'associer à un investisseur, nos remarques pour bien choisir ce mode de financement


Un investisseur vous prête : qui est-il ? Que demande-t-il ?

Il faut choisir ses investisseurs (financiers, partenaires, groupements, répartiteurs...) en toute connaissance de cause et se poser les bonnes questions avant de s'engager : Quels sont les prérequis et les contreparties demandées pour bénéficier de l'offre ? Quelles sont les modalités de sortie ? Que se passe-t-il en cas de rupture du contrat ? Etc.

Le montage financier est affaire de professionnels

Quel que soit le choix de l'investisseur, quelle que soit la complexité des outils utilisés, le bon sens et la bienveillance doivent guider leur mise en place. Si un pharmacien souhaite se lancer, ou simplement s'informer, nous ne pouvons que l'inviter à se rapprocher des professionnels : cabinets de transactions, avocats, notaires, experts comptables... qui ont éprouvé la cohérence et l'efficacité de ces montages.

Financement : à quoi vous engagez-vous ?

Il ne faut pas hésiter à leur faire relire les contrats.


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